Il semble que le goût de la spéculation soit aussi ancien que celui du troc puisque, dans les sociétés primitives, les valeurs d'échange ont toujours été assujetties à des fluctuations diverses, selon les besoins de chacun, l'importance des récoltes, les famines, les guerres, etc. Les Romains furent cependant les premiers à donner un statut officiel à ces opérations commerciales et financières en organisant les Collegice mercatorum : le capitalisme venait de naître.
En Occident, de telles institutions devaient demeurer à l'état embryonnaire pendant tout le Moyen Age et ce n'est guère qu'à partir du XVe siècle que l'essor commercial de certaines grandes villes donna naissance en France, en Italie, en Allemagne et en Flandre à des Bourses. Ce sont des établissements où se concentrent l'offre et la demande, d'où vont résulter la répartition des produits (marchandises, valeurs) et l'établissement d'un cours des titres et des marchandises. Le mot lui-même a pour origine le nom d'une famille de banquiers, les Van de Bursen, chez qui se réunissaient marchands, armateurs, agents de change, etc... tous désireux de se livrer régulièrement à des opérations financières. Ces transactions se faisaient dans leur hôtel de Bruges, dont le fronton s'ornait de trois bourses, armes parlantes d'une activité qui devait rapidement s'étendre à l'Europe entière.