Cathares

Le bûcher de Montségur, brillant sur les derniers combats de la cruelle croisade des Albigeois, mettait fin à une aventure mystique qui aurait pu donner à l’Europe un visage différent de celui que nous connaissons. Venue des Balkans, la doctrine cathare reposait sur une ancienne conception orientale, le manichéisme, attribuant au bien et au mal deux origines distinctes et éternelles. La secte des cathares, que l’on pense issue de la prédication des Bogomiles, se développa en Europe entre le XIe et le XIIIe siècle. Sa ramification principale fut celle des albigeois. Le nom d’albigeois ne doit pas faire conclure cependant à une implantation limitée à la ville d’Albi. Guidés par les parfaits, qui peuvent être regardés comme leurs prêtres, les cathares, épris de pureté, rejetaient les sacrements et la liturgie, la propriété, toutes les formes d’autorité et accordaient à l’âme la faculté de passer dans d’autres êtres. Le salut consistait pour eux en une délivrance des attaches matérielles, sans qu’ils aient semblé donner une importance à l’identification des individus après cette exaltation.

Extermination des hérétiques. La croisade ordonnée par le pape Innocent III, en 1208, s’assimila à une guerre du Nord contre le Sud ; l’issue politique en fut le rattachement du Languedoc à la couronne de France. Placée sous la direction de Simon de Montfort, l’armée des croisés prit successivement Béziers, Narbonne, Carcassonne, Castelnaudary, Muret, procédant fréquemment au massacre des populations hérétiques. Venu au secours du comte Raymond VI de Toulouse, qui soutenait les cathares, le roi d’Aragon périt à la bataille de Muret (1213). Simon de Montfort devait être tué, quant à lui, au siège de Toulouse, en 1218. Devant l’incapacité de son fils, le commandement revint au roi de France, Louis VIII, fils de Philippe Auguste. Le traité de Paris, qui mit fin à la guerre des albigeois, ne fut signé qu’en 1229, sous la régence de Blanche de Castille. La liquidation spirituelle de l’ « hérésie cathare » fut confiée à saint Dominique. Bien que l’on puisse dire que le catharisme a depuis longtemps disparu, il est certain que la façon sanglante dont fut menée la croisade a laissé des traces profondes dans la conscience populaire et a assuré pour des siècles la prédominance de la France du Nord sur celle du Midi.

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