Broderie

Ouvrage de dames dans nos régions, elle fut pourtant, à l’origine, un art masculin dont s’enorgueillissent encore bon nombre d’artisans chinois, turcs ou persans. Exécutée à l’aiguille, la broderie est une décoration en relief faite de différents fils, coton, laine, soie ou métal sur un tissu existant déjà. Artisanat prospère et richesse de beaucoup de régions du monde, la broderie a subi une transformation due à la mécanisation et est devenue une véritable industrie.

Cet art, qui remonte à la plus haute antiquité, a été diversement interprété selon les pays. Les Chinois brodent des motifs variés en soie de couleur ou en fils d’or sur d’épais tissus de soie eux aussi. Les artisans indiens appliquent toujours sur de la soie des perles, des pierreries et même des fragments de miroir. En Afrique, l’on brode avec du raphia ; en Amérique du Sud, avec de la laine de couleurs vives. Les Indiens d’Amérique du Nord mettaient des perles et des plumes sur du tissu ou du cuir. La délicate broderie française ou suisse, exécutée sur des batistes et des linons, reproduit souvent des guirlandes de fleurs et d’oiseaux.

Origine de la broderie. Elle n’est pas connue d’une manière très précise, mais les Chinois paraissent avoir les premiers pratiqué cet art qui se propagea en Asie Mineure. Les personnages des bas-reliefs assyriens portent des vêtements brodés. La broderie est fréquemment mentionnée dans la Bible, et les Romains importaient d’Asie de coûteux tissus brodés. Mais c’est à Byzance qu’elle atteignit une perfection et une splendeur qui ne seront jamais égalées. Après la chute de l’empire byzantin, les traditions de cet artisanat furent maintenues par Palerme. Au Moyen Age, on brode, dans les couvents et les châteaux, des ornements d’église et des vêtements sacerdotaux. La « tapisserie de Bayeux » (XIe siècle) et le devant d’autel du trésor d’Halberstadt (XIIe siècle) sont des exemples des travaux de cette époque. Les croisés rapportent de Palestine le goût des riches broderies. Et, avec l’apparition de la soie en Europe, on commence à copier les ouvrages d’Asie Mineure et d’Inde. On brode à l’aiguille de véritables tableaux (histoire d’Adam et Eve, XVIe siècle), l’usage domestique de la broderie se développe, et elle orne les vêtements, le linge de corps, les tentures, les meubles. Tous les procédés de broderie sont utilisés. Elle évolue avec les styles. Le XVII siècle voit se multiplier la broderie en relief. Au XVIIIe siècle elle s’inspire davantage de l’Extrême-Orient, et s’allège. La machine à broder, inventée en 1821 par un mécanicien français, ne nuit pas à la qualité de l’exécution. Les techniques s’améliorent sans cesse.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>